Journée de sensibilisation au don d’organes et de tissus – 16/10/18

HIA Percy (Hôpital d’Instruction des Armées) – Mardi 16 octobre 2018

Voici les principaux thèmes abordés lors de cette réunion :
La personne représentant l’ABM (Agence de la Biomédecine) parle du consentement présumé et les manières dont on peut s’opposer aux dons d’organes et de tissus :

LE CONSENTEMENT PRÉSUMÉ AU DON D’ORGANES ET DE TISSUS : UN PRINCIPE FONDATEUR

Trois principes fondamentaux régissent le don d’organes et de tissus en France, garantissant le respect de la dignité humaine :
• LA GRATUITE DU DON, qui est un acte de générosité et de solidarité l’anonymat du don
• LE CONSENTEMENT PRÉSUMÉ pour le don d’organes et de tissus après la mort. Le principe de consentement présumé est ancien : il a été institué en 1976 par la loi dite Caillavet. Dès cette époque, le législateur a fait le choix de la solidarité. Ainsi, toute personne est considérée comme consentante au don d’organes et de tissus après sa mort dès lors qu’elle n’a pas fait connaître de son vivant son refus d’un tel prélèvement.
• ANONYMAT le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur, et réciproquement. La famille du donneur peut cependant être informée des organes et tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes, si elle le demande.

COMMENT SIGNIFIER QUE L’ON EST OPPOSÉ AU PRÉLÈVEMENT ?

Un décret en Conseil d’Etat concernant les modalités d’expression et de révocation du refus est paru le 11 août 2016 avec application au 1er janvier 2017.
Le refus de prélèvement peut concerner l’ensemble des organes et des tissus susceptibles d’être prélevés ou peut également ne concerner que certains de ces organes ou tissus.
Le refus de prélèvement des organes est révisable et révocable à tout moment.
L’équipe de coordination hospitalière de prélèvement prend en compte l’expression de volonté la plus récente.
Le refus peut être exprimé selon 3 modalités.

1- PRINCIPALEMENT, PAR L’INSCRIPTION SUR LE REGISTRE NATIONAL DES REFUS DE PRÉLÈVEMENT
La demande d’inscription sur ce registre doit être adressée à l’Agence de la biomédecine accompagnée d’une pièce d’identité officielle. Elle est possible à partir de 13 ans (majorité pénale).
Elle peut se faire : sur papier libre ou sur le formulaire mis à disposition par l’Agence de la biomédecine. Ce formulaire est téléchargeable ou peut-être rempli en ligne sur le site registrenationaldesrefus.fr

2- EXPRESSION DU REFUS PAR ÉCRIT DANS UN DOCUMENT CONFIÉ À UN PROCHE
Pour des raisons d’authentification, ce document doit comporter les noms, prénoms, dates et lieux de naissance de son auteur et être daté et signé par ses soins. Il doit être confié à un proche qui le transmettra à la coordination hospitalière de prélèvement.

3- EXPRESSION ORALE DU REFUS DEVANT UN PROCHE
L’opposition peut être exprimée oralement devant un proche qui pourra la faire valoir au moment du décès auprès de la coordination hospitalière de prélèvement.
Une retranscription écrite devra être faite par le proche ou l’équipe de coordination hospitalière de prélèvement en mentionnant précisément le contexte et les circonstances de l’expression du refus par le défunt. Enfin, cette retranscription devra être datée et signée par le proche et par la coordination hospitalière de prélèvement. Un modèle est disponible sur le portail professionnel du site de l’Agence de la biomédecine.

EN 2017, LE CAP DES 6 000 GREFFES D’ORGANES A ÉTÉ DÉPASSÉ !
En 2017, en France, ce sont plus de 6 100 greffes d’organes qui ont été réalisées. Cette progression a été possible grâce à la générosité des donneurs, à la mobilisation quotidienne des professionnels de santé impliqués dans la chaine du don à la greffe et au soutien des associations. C’est un encouragement pour tous les patients en attente d’une greffe et nous invite à poursuivre la mobilisation de tous.
L’objectif fixé au terme des 5 ans, est d’atteindre 7 800 greffes d’organes dont 1 000 à partir d’un donneur vivant.

En 2017, 6 105 organes ont été greffés à des patients en attente, (+3,5 % par rapport à 2016) répartis ainsi :

• Greffes cardiaques : 467
• Greffes cardio-pulmonaires : 6
• Greffes pulmonaires : 378
• Greffes hépatiques : 1374 dont 18 donneurs vivants
• Greffes rénales : 3782 dont 611 donneurs vivants
• Greffes pancréas : 96
• Greffes intestinales : 2

Total d’organes greffés en 2017 : 6105 dont 629 donneurs vivants

Un anesthésiste-réanimateur fait un point sur la mort encéphalique :
C’est une destruction irréversible des centres nerveux crâniens, caractérisée par :
• un coma profond aréactif
• une abolition totale de la conscience, de l’activité motrice spontanée et de tous les réflexes
• une absence de ventilation spontanée
On pratique alors un angioscanner qui montre une absence d’opacification des vaisseaux crâniens.

Causes :
• Accident Vasculaire Cérébral
• Traumatisme cérébral
• Anoxie cérébrale (privation de l’apport en oxygène au cerveau) par – arrêt cardiaque ou strangulation
• Intoxication

Un exposé est ensuite fait concernant les religions face au don d’organes : il ressort que les 3 religions monothéistes (religion juive, chrétienne ainsi que l’islam) sont favorables au don d’organes. La plupart des autres religions acceptent également le don d’organes et voit en lui une rédemption. Selon eux, la vie humaine est primordiale. Le don d’organes après la mort permettant de sauver des vies, il surmonte ainsi un certain nombre d’interdits tels que l’obligation de l’inhumation du corps entier dans certaine religion.
Seules les religions tziganes sont réfractaires au don, le corps du défunt doit être enterré dans son intégrité.
Cette journée dense mais très instructive se termine par le témoignage des greffés hépatiques invités à cette réunion.